En 1979, Eugène Ruiguidel et Gilles Gahinet remportaient la Transat en double, entre Le Havre et Bahia, en devançant de 5 minutes et 42 secondes le duo Éric Tabarly-Marc Pajot. Pour eux deux, c'est la gloire. Et puis, Ruiguidel se lasse de la célébrité et, en 1985, il laisse tout tomber, préférant vivre pauvre plutôt que soumis aux sponsors et à la loi médiatique. Depuis, il joue les anarcho-gauchistes dans différents combats, notamment contre le nucléaire.
Avant lui, Bernard Moitessier avait ouvert la voie. Concurrent de la première course autour du monde, en solitaire et sans escale, le Golden Globe, en 1968, il renonce à couper la ligne d'arrivée, alors qu'il est en tête. Il envoie paitre toute la presse et les organisateurs et continue, toujours sans escale, jusqu'en Polynésie. Il choisit finalement de s'installer sur l'atoll d'Ahe, avec la femme dont il aura un enfant. Loin de s'enfermer dans son paradis, il passe son temps à essayer de changer le monde, en commençant par celui qui l'entoure. Avec peu de succès, mais sans varier.
Il y a des hommes qui ne se laissent pas troubler.
Moi, tout au contraire, j'ai été franchement ému quand elle m'a choisi pour être celui qui, le premier, la sodomiserait. C'est mon côté sentimental.
vendredi 22 janvier 2010
mardi 5 janvier 2010
Jura
C'est une ferme isolée, à l'extrémité nord de l'île de Jura. Je ne sais pas si Barnhill est vraiment le lieu idéal pour écrire, mais c'est là que George Orwell a achevé le manuscrit de 1984. La maison existe toujours, il faut suivre le chemin qui part du hameau de Ardlussa, en logeant la côte sur environ cinq miles.
La plupart des habitants de l'île - même pas 200 - vivent dans le petit village de Craighouse, beaucoup plus au sud. C'est là aussi qu'est située la distillerie qui fabrique l'un des whiskies écossais les plus renommés. Avec un peu de chance, et si vous n'avez pas froid aux yeux, les villageois vous le feront goûter tel qu'ils le boivent, brut après 12 années de tonneau et sans l'ajout d'eau qui permet d'ajuster le degré alcoolique. C'est ce whisky que consomme le principal protagoniste du Petit Bleu de la Côte Ouest, le polar mythique de Jean-Patrick Manchette.
En 1994, l'île de Jura servit de cadre à un happening anarcho-situationniste délicieusement provocateur organisé par Bill Drummond et Jimmy Cauty, deux musiciens doués, qui avaient notamment formé The KLF, un groupe de techno-acid-house précurseur. The KLF leur avait fait gagner suffisamment d'argent pour leur permettre de prendre une pseudo retraite musicale. En 1993, ils créèrent la K Foundation, avec pour objectif de réintroduire un peu de subversion dans un monde artistique dominé par le fric. Le 23 août 1994, ils brûlèrent l'essentiel de ce qu'il restait de leurs gains, et tout le capital de la fondation, soit environ un million de livres sterling. Une caméra enregistrait la scène qui fut éditée sous le titre : Watch The K Foundation Burn A Million Quid.
Pour votre information, il faut un peu plus d'une heure pour flamber cette somme, en jetant les billets de 50 livres un à un dans le brasier, et en s'y mettant à deux. La BBC en a fait un documentaire.
Ça n’aurait probablement pas déplu à Orwell et Manchette. Les deux protagonistes n'ont jamais publiquement regretté leur acte, même s'il semblent aujourd'hui avoir quelques interrogations sur leurs motivations du moment. Allez, je vous sers un verre ?
La plupart des habitants de l'île - même pas 200 - vivent dans le petit village de Craighouse, beaucoup plus au sud. C'est là aussi qu'est située la distillerie qui fabrique l'un des whiskies écossais les plus renommés. Avec un peu de chance, et si vous n'avez pas froid aux yeux, les villageois vous le feront goûter tel qu'ils le boivent, brut après 12 années de tonneau et sans l'ajout d'eau qui permet d'ajuster le degré alcoolique. C'est ce whisky que consomme le principal protagoniste du Petit Bleu de la Côte Ouest, le polar mythique de Jean-Patrick Manchette.
En 1994, l'île de Jura servit de cadre à un happening anarcho-situationniste délicieusement provocateur organisé par Bill Drummond et Jimmy Cauty, deux musiciens doués, qui avaient notamment formé The KLF, un groupe de techno-acid-house précurseur. The KLF leur avait fait gagner suffisamment d'argent pour leur permettre de prendre une pseudo retraite musicale. En 1993, ils créèrent la K Foundation, avec pour objectif de réintroduire un peu de subversion dans un monde artistique dominé par le fric. Le 23 août 1994, ils brûlèrent l'essentiel de ce qu'il restait de leurs gains, et tout le capital de la fondation, soit environ un million de livres sterling. Une caméra enregistrait la scène qui fut éditée sous le titre : Watch The K Foundation Burn A Million Quid.
Pour votre information, il faut un peu plus d'une heure pour flamber cette somme, en jetant les billets de 50 livres un à un dans le brasier, et en s'y mettant à deux. La BBC en a fait un documentaire.
Ça n’aurait probablement pas déplu à Orwell et Manchette. Les deux protagonistes n'ont jamais publiquement regretté leur acte, même s'il semblent aujourd'hui avoir quelques interrogations sur leurs motivations du moment. Allez, je vous sers un verre ?
Inscription à :
Articles (Atom)