Te Ika-a-Māui, grande île accessible et fertile,
Te Waka-a-Māui, île du sud, incertain vaisseau,
nos peuples d'océan savaient de longues routes
d'Aotearoa à Hiva Oa, Rapa Nui et Hawaiiki
nous porterons la mémoire de leurs siècles
des pirogues de l'origine et des voyages funèbres
des danses de marae et des fières renaissances
dans nos âmes ardemment brûlées d'amants étrangers
Les péninsulaires
jeudi 20 octobre 2011
lundi 27 décembre 2010
Diego Suarez
Antomboko, la trouée, Antsiranana, port naturel, Diego Suarez, la plus grande baie au monde après celle de Rio de Janeiro, puzzle de mers et de montagnes - baie du Tonnerre, baie des Cailloux Blancs, Cul de Sac Gallois, et baie des Français - un dédale d'îles et d'îlots, Nosy Lonjo, Nosy Be, Nosy Boraha dite Sainte-Marie de Madagascar, Nosy Iranja aussi nommée Île de la Tortue, Nosy Volana et la belle et grande plage de Ramena sur la Mer d'Émeraude.
La baie d'Antsiranana était un repère de pirates de renom : Olivier Levasseur, dit La Buse, Henry Every, dit Long Ben, et Thomas Tew, qui selon Charles Johnson - l'auteur de l'Histoire générale des plus fameux pirates ( A General History of the Robberies and Murders of the most notorious Pyrates - 1724) - n'avait aucun égal en matière de galanterie.
À la fin du 17e siècle, les butins pris dans l'Océan Indien étaient au moins aussi intéressants que ceux des Caraïbes. Même si le métier n'était pas sans risque. Las de pillages qu'ils ignoraient sur un océan où ils étaient jusque-là seuls maîtres, les marins arabes et indonésiens avaient fini par s'armer lourdement. Et les navires des compagnies européennes étaient eux-aussi très bien armés. Alors, la plupart des pirates finissaient leur courte carrière au fond de l'eau ou au bout d'une potence. Mais les richesses transportées étaient telles que capturer un ou deux navires pouvait permettre d'espérer des jours heureux. Encore fallait-il savoir s'arrêter à temps.
En 1693, Thomas Tew avait capturé à l'entrée de la Mer Rouge un navire indien voguant vers l'Empire Ottoman avec une énorme cargaison d'ivoire, d'épices, de bijoux et de soie. Le coup avait été facile alors en 1695, il retourne vers le détroit de Bab-el-Mandeb, la « porte des lamentations », où plusieurs autres pirates sont déjà en embuscade. Tous décident d'agir de concert, mais un convoi de navires Moghols leur échappe et profite de la nuit pour franchir le détroit. Lancé à leur poursuite, Tew est tué par un boulet de canon. Plusieurs navires sont finalement rattrappés par Henry Every qui réussit l'acte de piraterie le plus rentable de tous les temps, 600 mille livres en métaux précieux et bijoux.
Si les riches passagères indiennes et leur escorte subissent un sort peu enviable, Every, lui, devient le plus riche pirate du monde. Et l'année suivante, on perd sa trace du côté de l'Irlande. De nombreux membres de son équipage sont arrêtés et une part du butin est retrouvée, mais lui a disparu.
Aujourd'hui Diego Suarez n'est qu'un port de seconde zone, mais son écrin demeure une splendeur. Que soit ici remerciée la grande prêtresse de l'orgone, qui sans même évoquer l'or ou l'ivoire des pirates, ni même les charmes de leurs prisonnières, réussit à me faire rêver de ce lieu.
La baie d'Antsiranana était un repère de pirates de renom : Olivier Levasseur, dit La Buse, Henry Every, dit Long Ben, et Thomas Tew, qui selon Charles Johnson - l'auteur de l'Histoire générale des plus fameux pirates ( A General History of the Robberies and Murders of the most notorious Pyrates - 1724) - n'avait aucun égal en matière de galanterie.
À la fin du 17e siècle, les butins pris dans l'Océan Indien étaient au moins aussi intéressants que ceux des Caraïbes. Même si le métier n'était pas sans risque. Las de pillages qu'ils ignoraient sur un océan où ils étaient jusque-là seuls maîtres, les marins arabes et indonésiens avaient fini par s'armer lourdement. Et les navires des compagnies européennes étaient eux-aussi très bien armés. Alors, la plupart des pirates finissaient leur courte carrière au fond de l'eau ou au bout d'une potence. Mais les richesses transportées étaient telles que capturer un ou deux navires pouvait permettre d'espérer des jours heureux. Encore fallait-il savoir s'arrêter à temps.
En 1693, Thomas Tew avait capturé à l'entrée de la Mer Rouge un navire indien voguant vers l'Empire Ottoman avec une énorme cargaison d'ivoire, d'épices, de bijoux et de soie. Le coup avait été facile alors en 1695, il retourne vers le détroit de Bab-el-Mandeb, la « porte des lamentations », où plusieurs autres pirates sont déjà en embuscade. Tous décident d'agir de concert, mais un convoi de navires Moghols leur échappe et profite de la nuit pour franchir le détroit. Lancé à leur poursuite, Tew est tué par un boulet de canon. Plusieurs navires sont finalement rattrappés par Henry Every qui réussit l'acte de piraterie le plus rentable de tous les temps, 600 mille livres en métaux précieux et bijoux.
Si les riches passagères indiennes et leur escorte subissent un sort peu enviable, Every, lui, devient le plus riche pirate du monde. Et l'année suivante, on perd sa trace du côté de l'Irlande. De nombreux membres de son équipage sont arrêtés et une part du butin est retrouvée, mais lui a disparu.
Aujourd'hui Diego Suarez n'est qu'un port de seconde zone, mais son écrin demeure une splendeur. Que soit ici remerciée la grande prêtresse de l'orgone, qui sans même évoquer l'or ou l'ivoire des pirates, ni même les charmes de leurs prisonnières, réussit à me faire rêver de ce lieu.
lundi 16 août 2010
L'Astrolabe
Je ne sais pas grand chose au sujet de Gaspard Duché de Vancy, si ce n'est qu'avant d'embarquer avec l'expédition de La Pérouse, il s'était fait remarquer dans l'art du portrait et qu'il avait même réalisé celui de Marie Antoinette.
Il faisait partie des trois illustrateurs qui prirent le large en 1785 sur La Boussole et L'Astrolabe avec pour mission d'établir un compte-rendu visuel de l'expédition. Et bien sûr, il laissa sa peau dans l'aventure.
Certaines de ses réalisations nous sont parvenues par le biais des documents rapportés par Barthélémy de Lesseps, l'oncle du constructeur du Canal de Suez et seul survivant du voyage. Lesseps avait été embarqué en tant qu'interprète de russe. Sa mission terminée, il avait quitté l'expédition lors de l'escale de Pétropavlosk au Kamchatka, en ramenant à Paris par voie de terre - c'est-à-dire en traversant toute la Sibérie - les études et dessins déjà réalisés.
Il faisait partie des trois illustrateurs qui prirent le large en 1785 sur La Boussole et L'Astrolabe avec pour mission d'établir un compte-rendu visuel de l'expédition. Et bien sûr, il laissa sa peau dans l'aventure.
Certaines de ses réalisations nous sont parvenues par le biais des documents rapportés par Barthélémy de Lesseps, l'oncle du constructeur du Canal de Suez et seul survivant du voyage. Lesseps avait été embarqué en tant qu'interprète de russe. Sa mission terminée, il avait quitté l'expédition lors de l'escale de Pétropavlosk au Kamchatka, en ramenant à Paris par voie de terre - c'est-à-dire en traversant toute la Sibérie - les études et dessins déjà réalisés.
vendredi 22 janvier 2010
Ahe
En 1979, Eugène Ruiguidel et Gilles Gahinet remportaient la Transat en double, entre Le Havre et Bahia, en devançant de 5 minutes et 42 secondes le duo Éric Tabarly-Marc Pajot. Pour eux deux, c'est la gloire. Et puis, Ruiguidel se lasse de la célébrité et, en 1985, il laisse tout tomber, préférant vivre pauvre plutôt que soumis aux sponsors et à la loi médiatique. Depuis, il joue les anarcho-gauchistes dans différents combats, notamment contre le nucléaire.
Avant lui, Bernard Moitessier avait ouvert la voie. Concurrent de la première course autour du monde, en solitaire et sans escale, le Golden Globe, en 1968, il renonce à couper la ligne d'arrivée, alors qu'il est en tête. Il envoie paitre toute la presse et les organisateurs et continue, toujours sans escale, jusqu'en Polynésie. Il choisit finalement de s'installer sur l'atoll d'Ahe, avec la femme dont il aura un enfant. Loin de s'enfermer dans son paradis, il passe son temps à essayer de changer le monde, en commençant par celui qui l'entoure. Avec peu de succès, mais sans varier.
Il y a des hommes qui ne se laissent pas troubler.
Moi, tout au contraire, j'ai été franchement ému quand elle m'a choisi pour être celui qui, le premier, la sodomiserait. C'est mon côté sentimental.
Avant lui, Bernard Moitessier avait ouvert la voie. Concurrent de la première course autour du monde, en solitaire et sans escale, le Golden Globe, en 1968, il renonce à couper la ligne d'arrivée, alors qu'il est en tête. Il envoie paitre toute la presse et les organisateurs et continue, toujours sans escale, jusqu'en Polynésie. Il choisit finalement de s'installer sur l'atoll d'Ahe, avec la femme dont il aura un enfant. Loin de s'enfermer dans son paradis, il passe son temps à essayer de changer le monde, en commençant par celui qui l'entoure. Avec peu de succès, mais sans varier.
Il y a des hommes qui ne se laissent pas troubler.
Moi, tout au contraire, j'ai été franchement ému quand elle m'a choisi pour être celui qui, le premier, la sodomiserait. C'est mon côté sentimental.
mardi 5 janvier 2010
Jura
C'est une ferme isolée, à l'extrémité nord de l'île de Jura. Je ne sais pas si Barnhill est vraiment le lieu idéal pour écrire, mais c'est là que George Orwell a achevé le manuscrit de 1984. La maison existe toujours, il faut suivre le chemin qui part du hameau de Ardlussa, en logeant la côte sur environ cinq miles.
La plupart des habitants de l'île - même pas 200 - vivent dans le petit village de Craighouse, beaucoup plus au sud. C'est là aussi qu'est située la distillerie qui fabrique l'un des whiskies écossais les plus renommés. Avec un peu de chance, et si vous n'avez pas froid aux yeux, les villageois vous le feront goûter tel qu'ils le boivent, brut après 12 années de tonneau et sans l'ajout d'eau qui permet d'ajuster le degré alcoolique. C'est ce whisky que consomme le principal protagoniste du Petit Bleu de la Côte Ouest, le polar mythique de Jean-Patrick Manchette.
En 1994, l'île de Jura servit de cadre à un happening anarcho-situationniste délicieusement provocateur organisé par Bill Drummond et Jimmy Cauty, deux musiciens doués, qui avaient notamment formé The KLF, un groupe de techno-acid-house précurseur. The KLF leur avait fait gagner suffisamment d'argent pour leur permettre de prendre une pseudo retraite musicale. En 1993, ils créèrent la K Foundation, avec pour objectif de réintroduire un peu de subversion dans un monde artistique dominé par le fric. Le 23 août 1994, ils brûlèrent l'essentiel de ce qu'il restait de leurs gains, et tout le capital de la fondation, soit environ un million de livres sterling. Une caméra enregistrait la scène qui fut éditée sous le titre : Watch The K Foundation Burn A Million Quid.
Pour votre information, il faut un peu plus d'une heure pour flamber cette somme, en jetant les billets de 50 livres un à un dans le brasier, et en s'y mettant à deux. La BBC en a fait un documentaire.
Ça n’aurait probablement pas déplu à Orwell et Manchette. Les deux protagonistes n'ont jamais publiquement regretté leur acte, même s'il semblent aujourd'hui avoir quelques interrogations sur leurs motivations du moment. Allez, je vous sers un verre ?
La plupart des habitants de l'île - même pas 200 - vivent dans le petit village de Craighouse, beaucoup plus au sud. C'est là aussi qu'est située la distillerie qui fabrique l'un des whiskies écossais les plus renommés. Avec un peu de chance, et si vous n'avez pas froid aux yeux, les villageois vous le feront goûter tel qu'ils le boivent, brut après 12 années de tonneau et sans l'ajout d'eau qui permet d'ajuster le degré alcoolique. C'est ce whisky que consomme le principal protagoniste du Petit Bleu de la Côte Ouest, le polar mythique de Jean-Patrick Manchette.
En 1994, l'île de Jura servit de cadre à un happening anarcho-situationniste délicieusement provocateur organisé par Bill Drummond et Jimmy Cauty, deux musiciens doués, qui avaient notamment formé The KLF, un groupe de techno-acid-house précurseur. The KLF leur avait fait gagner suffisamment d'argent pour leur permettre de prendre une pseudo retraite musicale. En 1993, ils créèrent la K Foundation, avec pour objectif de réintroduire un peu de subversion dans un monde artistique dominé par le fric. Le 23 août 1994, ils brûlèrent l'essentiel de ce qu'il restait de leurs gains, et tout le capital de la fondation, soit environ un million de livres sterling. Une caméra enregistrait la scène qui fut éditée sous le titre : Watch The K Foundation Burn A Million Quid.
Pour votre information, il faut un peu plus d'une heure pour flamber cette somme, en jetant les billets de 50 livres un à un dans le brasier, et en s'y mettant à deux. La BBC en a fait un documentaire.
Ça n’aurait probablement pas déplu à Orwell et Manchette. Les deux protagonistes n'ont jamais publiquement regretté leur acte, même s'il semblent aujourd'hui avoir quelques interrogations sur leurs motivations du moment. Allez, je vous sers un verre ?
vendredi 2 octobre 2009
Batavia
Créée en 1602, la Vereenigde Oostindische Compagnie, Compagnie Unie des Indes Orientales, fut le principal instrument de la domination hollandaise sur le commerce mondial, pendant une bonne partie des 17e et 18e siècles.
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
L'usage du canon a joué un rôle clef dans son expansion, ses bâtiments puissamment armés avaient pour première mission d'envoyer par le fond les navires des concurrents espagnols, portugais et anglais. Après s'être emparée des Moluques, la flotte de la VOC s'installe à Jayakarta. La ville vassale de l'intraitable Banten est finalement rasée en 1619 et, sur ses ruines, la VOC fonde Batavia, qui sera la tête de pont du capitalisme hollandais en Asie. En 1656, la compagnie s’empare de Ceylan et de sa production de cannelle.
Pendant plusieurs années, le monopole du commerce des épices fines - macis, noix de muscade, clous de girofle et cannelle - assure sa richesse et le bien-être de ses actionnaires.
Quant à la grande prêtresse de l'orgone, ce soir là, elle se voulait garce et n'était pas décidée à me laisser goûter, sans combats, aux saveurs épicées de sa peau. Le champagne et un usage modéré de la force brutale ont eu raison de ses résolutions. Le visage entre ses cuisses, cherchant à la faire jouir contre sa volonté, je me disais que le commerce est un étrange mélange de désirs et d'intrigues, quand, surgissant de lointaines années lycéennes, Hubert-Felix lança l'ordre d'un nouvel assaut:
"et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
m'invite à faire danser l'aiguille de mon radar"
jeudi 10 septembre 2009
Svalbard
Les sagas islandaises mentionnent un lieu nommé Svalbard, la côte froide, à quatre jours de mer du pays des glaces, et qui semble correspondre à la côte orientale du Groënland. L'archipel que les Norvégiens désignent aujourd'hui sous ce nom, n'a donc aucun lien avec le Svalbard des Vikings. C'est Willem Barents, un navigateur hollandais qui, pour la première fois, le mentionne sur une carte, sous le nom de Spitsberg (Spitzberg), la montagne pointue.
Barents cherchait un passage pour rejoindre l'Asie en évitant la route maritime sud, celle du Cap de Bonne Espérance, tenue par les Portugais. Les États de Hollande promettaient une forte prime à celui qui parviendrait à gagner l'extrême-orient par le nord. Dans son périple, Barents explora aussi les abords de l'Île aux Ours (Bjørnøya) et de la Nouvelle Zemble (Novaïa Zemlia, la Nouvelle Terre) où il laissa sa peau en 1597.
Il y eut d'autres tentatives mais, finalement, les Hollandais changèrent de stratégie. Moins d'un siècle plus tard, ils s'installaient au Cap après avoir réglé leurs comptes aux flottes portugaise et espagnole.
Ce n'est qu'en 1879, que le Suédois Adolf Erik Nordenskjöld réussit à passer de l'Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie à bord de la Vega, une baleinière de 45 mètres. Le voyage a duré plus d'un an. Stoppé par les glaces début septembre 1878, peu après le cap Chelagsky, à quelques jours de navigation du détroit de Béring, le bateau et son équipage ont été contraints à un hivernage de dix mois.
La dernière fois que je me suis baigné en Mer de Barents, en plein été du côté de Vadsø, il faisait plus de 25 degrés. Et cette année, à la fin du mois d'août, deux cargos de la compagnie allemande Beluga Shipping sont partis de Vladivostok pour tenter de rejoindre l'Europe par le passage du nord-est, sans l'assistance des brise-glace russes.
Barents cherchait un passage pour rejoindre l'Asie en évitant la route maritime sud, celle du Cap de Bonne Espérance, tenue par les Portugais. Les États de Hollande promettaient une forte prime à celui qui parviendrait à gagner l'extrême-orient par le nord. Dans son périple, Barents explora aussi les abords de l'Île aux Ours (Bjørnøya) et de la Nouvelle Zemble (Novaïa Zemlia, la Nouvelle Terre) où il laissa sa peau en 1597.
Il y eut d'autres tentatives mais, finalement, les Hollandais changèrent de stratégie. Moins d'un siècle plus tard, ils s'installaient au Cap après avoir réglé leurs comptes aux flottes portugaise et espagnole.
Ce n'est qu'en 1879, que le Suédois Adolf Erik Nordenskjöld réussit à passer de l'Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie à bord de la Vega, une baleinière de 45 mètres. Le voyage a duré plus d'un an. Stoppé par les glaces début septembre 1878, peu après le cap Chelagsky, à quelques jours de navigation du détroit de Béring, le bateau et son équipage ont été contraints à un hivernage de dix mois.
La dernière fois que je me suis baigné en Mer de Barents, en plein été du côté de Vadsø, il faisait plus de 25 degrés. Et cette année, à la fin du mois d'août, deux cargos de la compagnie allemande Beluga Shipping sont partis de Vladivostok pour tenter de rejoindre l'Europe par le passage du nord-est, sans l'assistance des brise-glace russes.
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