jeudi 10 septembre 2009

Svalbard

Les sagas islandaises mentionnent un lieu nommé Svalbard, la côte froide, à quatre jours de mer du pays des glaces, et qui semble correspondre à la côte orientale du Groënland. L'archipel que les Norvégiens désignent aujourd'hui sous ce nom, n'a donc aucun lien avec le Svalbard des Vikings. C'est Willem Barents, un navigateur hollandais qui, pour la première fois, le mentionne sur une carte, sous le nom de Spitsberg (Spitzberg), la montagne pointue.

Barents cherchait un passage pour rejoindre l'Asie en évitant la route maritime sud, celle du Cap de Bonne Espérance, tenue par les Portugais. Les États de Hollande promettaient une forte prime à celui qui parviendrait à gagner l'extrême-orient par le nord. Dans son périple, Barents explora aussi les abords de l'Île aux Ours (Bjørnøya) et de la Nouvelle Zemble (Novaïa Zemlia, la Nouvelle Terre) où il laissa sa peau en 1597.

Il y eut d'autres tentatives mais, finalement, les Hollandais changèrent de stratégie. Moins d'un siècle plus tard, ils s'installaient au Cap après avoir réglé leurs comptes aux flottes portugaise et espagnole.

Ce n'est qu'en 1879, que le Suédois Adolf Erik Nordenskjöld réussit à passer de l'Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie à bord de la Vega, une baleinière de 45 mètres. Le voyage a duré plus d'un an. Stoppé par les glaces début septembre 1878, peu après le cap Chelagsky, à quelques jours de navigation du détroit de Béring, le bateau et son équipage ont été contraints à un hivernage de dix mois.

La dernière fois que je me suis baigné en Mer de Barents, en plein été du côté de Vadsø, il faisait plus de 25 degrés. Et cette année, à la fin du mois d'août, deux cargos de la compagnie allemande Beluga Shipping sont partis de Vladivostok pour tenter de rejoindre l'Europe par le passage du nord-est, sans l'assistance des brise-glace russes.